#6 Misericorde

Bonjour.  Ici le père Edwin Keel.  Je suis un prêtre Mariste et promoteur du laïcat mariste.  Cet
entretien est le sixième d’une série d’entretiens portant sur la spiritualité Mariste.
Nous avons parlé de la joie de connaître Dieu et ses miséricordes dans notre vie de sorte que nous
puissions partager cette joie avec d'autres.  Je voudrais maintenant parler un peu plus du thème de la
miséricorde dans notre tradition spirituelle Mariste.
Le Père Jean-Claude Colin, fondateur des Maristes, vivait à une époque où la théologie morale et la
pratique confessionnelle de l'Église étaient très strictes et rigoureuses, même rigides.  Mais il a appris
de Marie un autre mode d’agir, une manière plus clémente. Comme il disait dans un sermon lorsqu’
en mission,
« Elle est la mère qui dans sa tendresse est plus mère que toutes les mères de la terre, la mère de tous
les chrétiens, pour qui elle a subi au Calvaire toutes les douleurs de la grossesse, dont le cœur
maternel est pour toujours ouvert à tous et dont la charité illimitée embrasse tous les âges du nouvel
engagement, toutes les nations et tous les peuples, soulage toutes les misères, pourvoit à tous les
besoins et répond à toutes les prières. Devons nous être étonnés de voir tous les chrétiens unir leur
voix pour proclamer sa bonté, sa tendresse, sa miséricorde, et que jamais personne n’a demandé son
aide en vain ? »
Pour le Père Colin, Marie est la mère de la miséricorde.  Ce titre, naturellement, est tiré de la prière
traditionnelle, « Salut Ô Reine, Mère de Miséricorde… »  Et pour le Père Colin, ceci a eu des
conséquences très pratiques pour les Maristes qui portent le nom de Marie.  Les Maristes doivent «  
donner une plus grande place à la miséricorde de Dieu » dans leur ministère, surtout dans leur
prédication et dans leur pratique confessionnelle.  Les Maristes doivent être des instruments de la
miséricorde de Dieu envers les pécheurs, avoir une grande connaissance du cœur humain et
démontrer beaucoup de bonté et de compassion envers les pécheurs.  À une époque où les
commandements de Dieu et les lois de l'Église étaient interprétés avec une telle sévérité et que
beaucoup de gens se sont trouvés aliénés à l'Église et à ses sacrements, le Père Colin disait : « Tout
pour les âmes » et « Le salut avant la loi » et « La loi a été établie pour les hommes et les femmes ;
si je ne peux pas les sauver avec la loi, j'essayerai de les sauver sans elle. »  Et, en effet, les prêtres
Maristes ont une réputation pour leur manière douce et compatissante au confessionnal.
Mais qu’est-ce que la miséricorde ? Que voulait dire le Père Colin lorsqu’il utilisait ce mot?   En latin,
le mot « misericordia » et en français, le mot « miséricorde » signifient « cœur souffrant » c'est-à-
dire, un cœur qui sent la souffrance d'une autre personne.  Ainsi la pitié dénote la « compassion »
qui, dans sa racine latine, signifie « souffrir avec » une autre personne, ressentir ce que ressent une
autre personne.  Bien qu'ils soient parfois employés comme synonymes, la miséricorde ou
compassion et la pitié ne sont pas la même chose.  Quand nous prenons quelqu'un en pitié, nous
portons attention à la façon dont leur souffrance nous affecte.  Nous essayons alors de faire quelque
chose à ce sujet afin de se débarrasser de ce sentiment.  Nous évitons la personne, ou lui donnons
une aumône pour la tranquilliser et l’oublier.  Quand nous avons de la miséricorde ou de la
compassion pour quelqu'un, nous nous concentrons sur ce que ressent l'autre personne, nous entrons
autant que possible dans sa souffrance et nous lui faisons de la place dans notre cœur, et dans notre
vie.
Ceci nous amène à une deuxième signification que le Père Colin accordait au mot miséricorde.  Il a
dit une fois que « Marie est la mère de la miséricorde.  Son corps aura plusieurs branches.  Elle sera
ouverte à toutes sortes de personnes. »  Lorsqu’il parle du « corps » de Marie, il veut dire la Société
de Marie, l'ordre religieux des Maristes. La Société de Marie a en effet plusieurs branches – pour les
prêtres, les sœurs religieuses, les frères religieux, et même pour les laïcs.  Le Père Colin a même dit
que notre but est de rendre le monde entier Mariste !  Ce qu’il a voulu dire c’est que l’étreinte de
Marie, en tant que mère de la miséricorde, s’étend à tout le monde.  Toutes les personnes sont
incluses dans son intérêt maternel.  Et donc, toutes personnes, sans exception, doivent être d’intérêt
aux Maristes, de sorte que personne ne soit exclu à l'adhésion à la famille de Marie qui est la Société
de Marie.
Si pour les Maristes, Marie est la mère de la miséricorde, et si nous Maristes, dans n’importe quel
ministère où nous nous engageons comme religieux ou laïc, devons être au nom de Dieu, des
instruments de miséricorde envers les autres, nous devons donc inclure chacun dans notre attention
et intérêt; en effet, nous devons les accueillir dans notre cœur et dans notre vie, avec leur souffrance
et leur joie.  Voilà la voie de Marie!  Voilà la voie des Maristes!
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