# 4 Gouter Dieu

Bonjour.  Ici le père Edwin Keel.  Je suis un prêtre Mariste et promoteur du laïcat mariste.  Cet
entretien est le quatrième d’une série d’entretiens portant sur la spiritualité Mariste.
Nous avons parlé de la joie, joie comme clef caractéristique de la vie des Maristes, parce que la joie
était une réalité de grande importance dans la vie de Marie.  Mais comment (pourrions-nous nous
demander) trouvons-nous ou relions-nous la joie à nos propres vies?
Le Père Jean-Claude Colin, fondateur des Maristes, parlait « d’apprécier Dieu, de le goûter ».  Cette
idée provient du psaume 34, « Voyez et goûtez comme le Seigneur est bon. »  Ici le mot « goûtez »
est employé comme métaphore signifiant expérience.  Ce que le père Colin nous dit c’est que nous
devrions nous rendre disponibles à Dieu afin que nous puissions éprouver sa présence en nos vies.  
De tous les sens, le goût est le plus saillant, le plus tangible.  Il n'y a rien de théorique ou d’abstrait au
sujet du goût.  Le père Colin ne nous demande pas de penser à Dieu mais il nous invite à nous ouvrir
à sa présence.  Lorsque nous mangeons ou buvons quelque chose que nous aimons, nous le
savourons en concentrant notre attention sur son goût et nous l’apprécions.  Même lorsque le goût de
la nourriture n'est plus présent, nous le savourons encore dans notre mémoire.  Ainsi, le Père Colin
nous invite à goûter, à apprécier la présence de Dieu dans notre vie, à concentrer notre attention sur
Lui et à savourer le souvenir de la bonté de Dieu envers nous.
Le goût est également un sens qui peut être développé ou cultivé.  Nous parlons de développer un
goût pour certaines nourritures ou pour les vins fins.  Ainsi, quand le psalmiste et le Père Colin
parlent « de goûter Dieu » ils nous encouragent peut-être à développer une affinité et un amour pour
Dieu et les choses de Dieu afin de les savourer.  Mais nous devons nous rendre compte que si nous
souhaitons tenter cette expérience de Dieu en nos vies, nous entrons alors dans le domaine du
mystère.  Dieu n'est pas simplement une autre connaissance comme le voisin en bas de la rue.  Dieu
n'est pas un animal de compagnie que nous pouvons domestiquer et commander.  Dieu est Dieu!  Et
si nous allons entreprendre ce voyage spirituel, nous devons être prêts à laisser Dieu être Dieu et ne
pas s'attendre à ce que Dieu favorise chacun de nos caprices.  Dans le livre du prophète Isaïe, Dieu
nous dit que les manières de Dieu ne sont pas nos manières.  Parfois nous éprouverons de la
confusion et de l'obscurité.  Parfois nous demandons des réponses et Dieu demeure obstinément
silencieux.  Parfois nous souffrons une tragédie ou une perte ou de la douleur et nous demandons «
Pourquoi, Seigneur ?  Pourquoi moi ? »  Une fois, lorsque quelqu'un qui souffrait lui rendit visite
pour de la direction spirituelle, le Père Colin lui dit ceci :
« Votre vie doit passer par un grand processus de purification, de telle sorte que vous puissiez
endosser une vie nouvelle.  La volonté doit être épurée par l’épreuve de contradictions et même la
compréhension doit être épurée.  Le Seigneur permet que nous ne voyions plus rien, il nous laisse
pour ainsi dire, comme dans une nuit noire, de telle sorte que la volonté ne sait plus quoi faire et l’
explication du pourquoi est perdue.  Puis, quand vous émergez de cette nuit, vous ne voyez plus
Dieu de la même manière : c’est ça la foi.  Vous appréciez les vérités de Dieu d'une manière
complètement nouvelle : vous avez une idée complètement différente de la sainteté de Dieu, et ainsi
de suite.  Ainsi, nous devons d’abord traverser la nuit noire des sens, après quoi seulement la foi
demeure, en plus c’est une foi obscure (car la vraie foi est obscure) ; mais alors un nouvel horizon
apparaît, là où les vérités apparaissent dans une nouvelle lumière du jour.  Puis, si Dieu le veut, nous
pourrons goûter les plus onctueuses des consolations douces, mais elles demeurent des consolations
de la foi.  Venez, maintenant, prenez courage. »
Pour développer un goût pour Dieu et ses façons d’agir, il nous faut changer.  Nous devons nous
laisser transformer par la grâce de Dieu.  Le processus de cette transformation sera difficile et parfois
douloureux mais, si nous persévérons dans la foi, nous viendrons qu’à voir que le Seigneur est bon
en effet et il résultera une joie profonde et durable.  La joie de Marie s’est approfondie en vivant les
douleurs et les peines de sa vie en demeurant toujours fidèle à Dieu et en apprenant par ses
expériences que les volontés de Dieu dépassent de beaucoup nos pensées et nos manières de faire les
choses.  Voilà la voie de Marie!  Voilà la voie des Maristes

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