Bonjour, mon nom est père Edwin Keel.  Je suis un prêtre Mariste et promoteur du laïcat mariste.  
Ceci est le premier discours d’une série qui sera « postée » sur le « web site ».  Nous allons explorer
d’où provient l’inspiration mariste de vivre leur vie à la manière de Marie tel que l’entend la tradition
spirituelle mariste.  Cette tradition vit le jour au début du 19e siècle, en France, lorsqu’un groupe de
séminariste en sont venus à croire que Marie les appelait à fonder une congrégation religieuse qui lui
serait dédiée afin qu’elle puisse être présente dans l’Église à la fin des temps comme elle l’avait été à
sa naissance.
Ce mouvement spirituel en est venu à inclure prêtres, religieux (ses), et laïcs (hommes et femmes) qui
se consacrent aux œuvres de Marie dans l’Église.  Cette série de conférences explorera cette
spiritualité qui les anime, les stimule et les soutient dans l’accomplissement de cette œuvre.
La voie empruntée par Marie en est une de joie.  La vie de Marie, tel que présentée dans les saintes
Écritures et dans la tradition catholique, débute dans la joie du commencement à la fin, et même est
prolongée jusqu’en la joie éternelle du Père.
Notre première rencontre avec Marie dans les Écritures a lieu lorsque celle-ci reçoit la visite de l’
Ange Gabriel, qui l’aborde par ces mots : « Salue pleine de grâce! »  Parfois ces mots sont traduits
par : « Réjouis-toi toi qui est comblée de grâce » car à cet époque, c’était la façon des gens pour se
saluer.  Ils disaient : « Réjouissez-vous! Ou Soyez heureux! »
La raison pour laquelle l’ange invite Marie à se réjouir c’est « qu’elle avait trouvé grâce devant Dieu
» et qu’elle deviendrait la Mère du Messie.  Aussi, l’Église entend par les mots « pleine de grâce »
des échos de notre croyance que Marie dès le premier moment de sa conception, était déjà gratifiée,
c’est-à-dire immaculée, baignée dès le commencement dans la grâce salvifique que son propre fils lui
obtiendrait par sa vie, par le mystère pascal de sa mort et par sa résurrection.  La grâce fut le facteur
opérationnelle dans la vie de Marie du commencement et à chaque fois qu’elle redisait son « oui »
soumis à cette grâce.  Ainsi, c’est la joie qui définissait toute la vie de Marie.  Lorsque Marie visita sa
cousine Elizabeth pour lui venir en aide, car celle-ci se trouvait enceinte à un âge très avancé,
Elizabeth l’accueille en s’exclamant : « Tu es bénie! » (c’est-à-dire : « remplie de joie ») car Marie
avait cru que le message de Dieu deviendrait réalité.  Et Marie confirme l’intention d’Elizabeth en
chantant son Magnificat :
« Mon âme exalte le Seigneur. Mon cœur est remplie de joie  À cause de Dieu mon Sauveur. »
Maintenant passons au dernier épisode des Saintes Écritures où l’on mentionne Marie durant sa vie
sur la terre.  On la retrouve avec les disciples dans la chambre haute du Cénacle attendant la venue
de l’Esprit Saint.  La surabondance de l’Esprit le jour de la Pentecôte fut un véritable ravissement
extatique et un moment incommensurable de joie.  Ce fut au point que les apôtres semblaient être
intoxiqués à neuf heure du matin!  Saint Pierre s’empressa de rassurer la foule qu’il ne l’était pas,
mais que c’était plutôt de l’Esprit de Dieu qui les avait envahis.  Le mot « joie » n’est pas utilisé dans
l’histoire de la Pentecôte, mais plus tard, au fur et à mesure que la Parole de Dieu se répandait dans
le monde et que de plus en plus de gens faisaient l’expérience de l’Esprit en eux, on nous dit, à la fin
du Chapitre 13 des Actes des Apôtres, que « les disciples furent remplis de joie dans l’Esprit Saint ».
L’Esprit Saint est l’Esprit de joie parce que, lorsque nous sommes remplis du Saint Esprit, nous
portons Dieu en nous, Celui qui est le vrai délice de nos âmes.
L’Esprit Saint est venu en Marie lors de sa propre conception dans le sein de sa mère, Anne.  De
nouveau, l’Esprit Saint est venu en Marie d’une façon spéciale lorsqu’elle conçut le Messie en son
sein et encore lorsque l’Esprit Saint vint sur elle et les apôtres au moment où l’Église fut conçue et
née le jour de la Pentecôte.  Les paroles de Marie sont vraies tout au long de sa vie : « Mon esprit se
réjouit en Dieu mon Sauveur ».
Notre propre vie spirituelle débute dans la joie.  Il est vrai que notre conception et notre naissance
sont teintées par les effets du péché originel.  Mais, au baptême nous sommes gratifiés du même
amour de Dieu, et par les mêmes faveurs dont Dieu avait gratifié Marie.  Je suppose que pour ceux d’
entre nous qui furent baptisés dès notre enfance, notre souvenance la plus ancienne de sentiments
religieux en fut une de culpabilité pour ce que nous avions fait de mal.  Nous ne nous souvenons pas
de la joie de notre baptême lorsque Dieu le Père nous dit la même chose qu’Il a dite de Jésus à son
baptême : « Tu es mon fils bien-aimé (mon enfant bien-aimé, ma fille bien aimée) tu as toute ma
faveur. »  Cependant, peut-être pouvons-nous nous souvenir du moment joyeux à une époque dans
notre vie où notre vie spirituelle devenue plus mature et plus sérieuse, à un moment de conversion
lorsque nous sommes devenus conscients de la présence, de l’amour de Dieu en nous et de combien
de bienfaits nous avions été comblés.  Et alors, à notre tour nous avons prononcé notre « Oui » à nos
promesses de Baptême et à Dieu.  Par conséquent nous pouvons dire nous aussi que notre vie
spirituelle débute dans la joie.  La joie de savoir Dieu dans ma vie, la joie de me savoir pardonné, que
j’ai de la valeur à ses yeux et que je suis incroyablement, merveilleusement béni(e).  La joie de me
savoir racheté (e) par un amour surpassant toute explication.
Mais, est-ce que nous ne commençons pas notre vie spirituelle en devenant conscient du péché?  
Alors, n’avons-nous pas besoin de nous repentir et d’expier nos péchés avant de connaître la grâce et
la joie de notre salut?  Non!  Au contraire, les Saintes Écritures nous disent que l’amour de Dieu
précède notre repentir.  Dans l’Évangile selon Saint Jean, Chapitre 3, 16, il est écrit : « Oui! Dieu a
tellement aimé le monde qu’il a donné son fils unique, afin que tout homme qui croit en lui ne périsse
pas, mais qu’il ait la vie éternelle. »  Et Saint Paul au Chapitre 5, 10 de la lettre aux Romains, dit : «
si en effet, quand nous étions ennemis de Dieu, nous avons été réconciliés avec lui par la mort de son
fils, à plus forte raison, réconciliés, serons-nous sauvés par sa vie. »
La grâce amoureuse de Dieu précède nos efforts de repentir et de pénitence.  C’est l’amour de Dieu
qui est l’élément fondamental qui nous rend capable de nous repentir et de faire pénitence.  Par
conséquent le repentir lui-même devient une œuvre de joie.
La liturgie dans sa première préface du Carême affirme que cette saison d’expiation et de repentir est
une « saison de joie ».  Et la seconde préface dit que cette saison importante est « un don de l’amour
de Dieu pour nous, sa famille, afin de nous renouveler en esprit. »  Pour tous ceux qui sont touchés
par l’amour de Dieu, la mortification et le repentir deviennent œuvre de joie.
Ce n’est pas par accident que la prédication des apôtres n’ait pas commencé par la condamnation du
péché mais plutôt par la proclamation de la résurrection.  C’est la promesse de joie de la vie éternelle,
une promesse qui nous a été faite de par la résurrection de Jésus, voilà ce qui attire les gens à une
conversion du cœur et au repentir pour leurs péchés.  C’est l’espérance de joie qui nous conduit au
repentir.  La joie, non la tristesse est ce qui caractérise la vie d’un chrétien.
Le célèbre Jésuite, scientiste et religieux, Pierre Teilhard de Chardin décrit la joie comme « le signe
infaillible de la présence de Dieu ».  Et Saint Augustin, un des plus grands théologiens et pasteurs
dans l’histoire de l’Église, dit : « Nous sommes un peuple pascal et l’Alléluia est notre chant. »
Notre Saint Père le Pape Benoît XVI dit que « la joie découle du fait que nous suivons le Christ et
que nous vivons selon ses commandements ».  Et il dit aux évêques du Canada qu’il « y a un urgent
besoin de recapturer la joie profonde et d’émerveillement des premiers disciples dont le cœur, en
présence du Seigneur, ‘ brûlait en eux’ ».
Le Père Jean-Claude Colin, fondateur des Maristes, considérait la joie comme un atout important
dans la voie du Mariste.  On nous raconte qu’il voulait que les Maristes possèdent une « liberté d’
esprit, une bonne et joyeuse relation fraternelle, avec un certain abandon et d’une manière libre et
sans contrainte. »  Un jour, on l’a entendu remarquer que dans une certaine de leur maison les
membres étaient tellement stéréotypés et tendus mais qu’à présent tout avait changé.  Ils étaient
devenus plus magnanimes, se conduisant d’une façon simple et joyeuse.  Ah! Si nous n’avions pas
toujours une certaine joie dans notre âme, une certaine liberté, où serait l’attirance à notre façon de
vivre. »  Aussi, c’est un fait dans les annales des premiers Maristes, le Père Mayet, chroniqueur des
faits, gestes et dires du Père Colin, dit qu’il a enregistré 140 références au RIRE!
Je me souviens, il y a un bon nombre d’année, je travaillais avec les Frères Maristes enseignants.  Je
les aidais à élaborer un programme de renouveau spirituel.  Il y avait parmi nous un jeune frère du
Niger.  Si je me souviens bien, son nom était Chima.  Il souriait tout le temps.  Quelqu’un lui
demanda pourquoi.  Il répondit : « Parce que je sais que Jésus Christ est mon Sauveur. »  La joie
salvifique de me savoir aimé d’un amour « plus fort que la mort » comme le dit le Cantique des
cantiques  (L’Ecclésiaste) : d’un amour duquel rien ne peut nous séparer.  
Voilà d’où débute la voie de Marie.  Voilà aussi d’où débute la vie Mariste.
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# 1 Ça commence avec joie